A propos du projet? 

Comment suis-je arrivé à initier le projet Matatchebo ?

spiremanche 27 novembre 2019 à 13 h, le soleil étendait sa robe de plomb  sur la ville de Pointe-Noire au Congo. Le temps était sec et le vent marin se faisait attendre. L’océan atlantique d’un reflet d’airain semblait impatient de voir se coucher sur lui l’astre rouge qui portant ne manquait jamais au rendez-vous.

C’est alors que l’instinct mémoriel de ma condition d’humain mélanoderme a pressé mon cœur sans le saigner. Pris d’une affliction pour les victimes de l’esclavage, l’histoire de la déshumanisation de l’homme par l’homme, j’ai été invité, par une voix sans voix, d’aller m’incliner devant la stèle dédiée aux deux millions d’humains déracinés de l’Afrique et déportés à partir de la baie de Loango, aux Caraïbes et  Amériques où ils furent réduits en esclavage.

Une fois sur l’une des routes des déportés de la baie de Loango, entre deux rangées de manguiers, la vision de ce drame me fit fondre en larmes.

Je m’imaginais ces processions d’humains enchainés et trainés comme du bétail sur la même route que le caoutchouc de mes roues abordait sans taire en moi le bruit silencieux des pas de ces éplorés. Ils n’avaient pour parures que les entraves de leurs chaines et pour couronne la ronde des mouches de l’ignorance qui les sacraient, sauvages, indigènes, sans âmes, juste des marchandises.

Chaque manguier semblait me renvoyer, en mi mineur, les cris stridents des miens qui ont laissé des empreintes, aux sonorités feuillues, que le vent marin extirpait à chaque rafale. Mes yeux mouillants, percevaient dans le cadre de ma vitre baissée, les stigmates gravés sur les stries des bois de ces vieux manguiers, témoins séculaires du drame de l’esclavage qui semblaient me dire : pardonne, mais n’oublie pas !

Je m’attendais à trouver d’autres humains pour partager cette triste histoire qui n’avait plus besoin d’un saint ou d’un demain pour être jugée d’inhumaine.
Surprise ! J’ai eu des faveurs royales. Je me suis retrouvé seul durant toute ma visite. Oui, seul devant la stèle et pris de peur et le cœur lourd, j’ai sangloté une fois de plus. J’ai pleuré comme une madeleine, mais sans haine aucune, juste triste d’être seul si longtemps dans un lieu si riche d’histoire.

J’ai pris les larmes de mes yeux inondés, j’en ai fait une encre avec laquelle j’ai écrit une caresse sur la stèle en promettant de ne jamais les oublier.

Alors, me suis-je demandé, comment un lieu si symbolique serait sans intérêt pour une grande partie des miens? En réponse, j’ai juste eu une larme sèche de peur que je ne pèche en les jugeant.

Toujours la voix sans voix en moi, me convainc le 28 novembre 2019 d’initier alors un projet qu’elle avait dénommé ‘’MATATCHEBO’’.

Va alors commencer une longue quête…

C’est donc, avec ma plume que j’ai résolu du fond du cœur, sur les zèles du projet ‘’MATATCHEBO’’ d’incruster en chaque humain un arbre mémoriel et faire réaliser à partir des noyaux des fruits des manguiers de la route des déportés de la baie de Loango une grande pépinière  de 2.000.000 de plants de manguiers symbolisant les 2.000.000 de déportés de la baie de Loango.

Le projet ‘’MATATCHEBO’’  me suis-je mis à l’évidence était le plus beau champ qui pouvait allier par l’arbre notre passé douloureux avec le présent avide de pardon et d’alphabétisation écologique à un avenir qui aspire au bon vivre ensemble.

‘’SE SOUVENIR POUR RENAÎTRE ET PARDONNER POUR LE VIVRE ENSEMBLE’’

Si la plume ici est mienne, les zèles attendus sont vôtres. Nous devons tous ensemble postérité des initiateurs et des victimes du commerce triangulaire, prendre l’envol dans un ‘’corps beau’’, vers des cimes de paix, où tous en arc-en-ciel, portés par un même vent mémoriel qui soufflera loin des rivages de notre conscience collective, la haine rattachée à cette  histoire.

L’humanité doit sortir de la galère de cette histoire et c’est ensemble, rames en main, que nous ferons avancer un demain sans drame, non pas sur la mer de l’oubli, mais contre les flots rugissants et encore tenaces des eaux de la bêtise humaine.

C’est pourquoi, nous offrons une pépinière de plants de manguiers pour les 2.000.000 d’âmes qui à la place d’un cénotaphe en marbre, auront des épitaphes végétales.

 Deux millions de plants sur cinq (5)  ans, tel est le défi que le projet ‘’MATATCHEBO’’  s’est donné. Ces deux millions de plants seront distribués partout au monde, comme preuve vivante et témoignage de ce drame de l’humanité.

Mais, un silence doit aussi se taire !

Celui de l’autre sorte d’esclavage qui avait succédé au commerce triangulaire : Le portage colonial!

Des milliers d’humains, par réquisition coloniale étaient contraints à transporter des lourdes charges de la baie de Loango à Brazzaville.

Alors, unissons-nous autour de ce projet ‘’MATATCHEBO’’ qui ne veut pas  juste dire planter pour oxygéner la planète, mais aussi montrer que la fin de l’esclavage et de la colonisation son avorton, n’a apporté qu’une certaine libération des peuples et non la liberté. C’est en participant à ce projet que vous allez contribuer à ôter les entraves des chaines restées dans nos têtes pour une  véritable liberté, passant par le souvenir, la renaissance et le pardon pour le bon vivre ensemble.

YOVO DAH
Se souvenir pour renaître et pardonner pour le vivre ensemble 
BATOTA KISSALA DOMINIQUE

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NKOUNGOU sous-prefecture DE LOANGO KOUILOU

TOUR MAYOMBE, Escalier A, 12ème étage, Appartement N°44 Pointe-noire Congo

Pays d’origine des esclaves embarqués depuis la baie de LOANGO